La Cave idéale, les Millésimes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 15 mai 2008

Des recettes simples et gourmandes, des vins superbes... chaque semaine, gratuitement, dans VinoVox

Chaque semaine, gratuitement, recevez dans votre mail, la Newsletter de VINOVOX, le 1er WebVin Magazine

GASTRONOMIE

Terrine fraîcheur : le potjevleesch

Cette terrine est typique de chez moi . C'est frais et avec l'arrivée des beaux jours j'ai envie de terrines , que ce soit de poissons , viandes ou légumes . Et le plus avec les terrines : elles se préparent bien à l'avance , c'est bien pratique quand on reçoit !!!J'avais l'habitude de le manger recouvert de frites bien chaudes qui transformaient la gelée en une sauce très goûteuse . Et même que quand il en restait un peu , on ... Lire la suite

Soupe glacée de melon au crabe - Pain perdu avec ricotta aux framboises

Je vais enfin pouvoir souffler un peu. Mes mains sont remplies d’ampoules mais je suis satisfaite de mon travail. Mes bacs à fleurs sont installés et non sans peine. Que de monde chez mon pépiniériste préféré !J’ai bien failli en venir aux mains pour repartir avec mes géraniums. Les mauvaises herbes sont éradiquées jusqu’à la fin de la semaine, mon purin d’ortie prêt à intervenir contre les invasions de pucerons, mes petites ... Lire la suite

3 petites verrines sucrées , y'en aura pour tous les goûts !!!!

3 verrines dont les recettes ont été piquées à droite et à gauche : léger , rapide et en individuel ça fait toujours un bel effet .Il y avait dans l'ordre : - les crèmes de nougat sur panna cotta de fruits rouges de chez Au beurre fondu- le tiramisu revisité par Celiael : mousse de marrons sur lit de gaufres belges à la banane , surprenant et divin- la panna cotta de chez Amuses bouche : cardamone , clémentine .Je vous laisse cliquer ... Lire la suite

Dip à l'ail rôti - Moussse d'olives au thon - Bricks de saumon à l'aneth

Pas la moindre envie de cuisiner, juste envie de profiter du soleil et de dame nature. Un travail de titan m'attend d'ailleurs au jardin. J'ai pris un peu de retard cette année. Je ne vois jamais le temps passé en jardinant. Un excellent destressant. J'admire le paysage et écoute les oiseaux papotés. C'est fou comme ils peuvent être bavards ceux-là. Vu le temps déplorable de ces derniers mois, j'ai quelques recettes en réserve.

Lire la suite

Mini charlotte d'été : fraises-litchies

Mais qu'ils sont mimi ces tous petits biscuits roses de Reims : bien sûr , je les ai trouvés à Paris , lors de mon escapade !!C'est bientôt l'été et cette charlotte est très fraîche : la fraise et le litchie se marient très bien .Recette : Les biscuits roses de Reims sont trempés dans du coulis de fraises maison . Tapisser un moule de papier film et placer les biscuits .La crème : comme d'hab , faire chauffer 100g de purée de ... Lire la suite

Retour de Bavière

Les vacances touchent à leur fin. Enfin de retour à la maison après 8 heures de route. J'ai encore la tête dans les nuages et beaucoup de mal à redescendre sur terre. La Bavière est une région magnifique avec ces forêts, lacs, sommets enneigés, ces alpages verts, les incontournables châteaux du roi Louis II, ces petites maisons traditionnelles et ces églises aux superbes fresques . A cette période de l'année, les touristes se font ... Lire la suite

Croquettes pimentées au thon et aux haricots blancs

C'est sur le blog de Dali que j'ai découvert cette recette. J'aime beaucoup "la cuisine de Dali", un blog plein de recettes faciles et rapides, comme celle-ci, le tout agrémenté de jolies photos. Elle présentait ces croquettes en version mini, à grignoter à l'apéro. Ici je les ai faites plus grosses et servies pour le dîner avec une salade de pommes de terre.

Pour 8 croquettes: 1 boîte de 140 g de ... Lire la suite

Terrine aux deux poissons

Alors que le beau temps semble vouloir timidement s'installer, des envies de petites entrées fraîches commencent à se faire sentir. Un rapide inventaire du congélateur et du placard et voici une petite terrine délicieuse et vite préparée! Pour environ 4 personnes (pour un moule à cake en silicone de 16 cm): 500 g de filets de poisson blanc surgelés, préalablement décongelés (ici du colin)2 œufs1 boîte de saumon ...

Gazpacho ( olé ) aux coques , glace à l'huile d'olive

C'est une recette que j'ai trouvée dans un livre de cuisine espagnol . Pour le gazpacho je n'ai pas pris de risques et j'ai fait ma recette de toda la vida . C'était à l'occasion d'un déj entre nénettes . Après les recettes , je vous donnerai les impressions .Recette gazpacho : mixer 1 petit concombre avec 8 tomates bien mûres pas trop grosses , 1 beau poivron rouge , 1/2 oignon , 100g de mie de pain , 2 petites gousses d'ail , 1 ...

Chateaumeillant Domaine du Chaillot

Bien apprécié ce Châteaumeillant rouge 2006, 100% Gamay sur sol micaschiste planté de vignes de 7 ans, aux notes de framboise, de belle robe intense, très équilibré au nez comme en bouche. Le Châteaumeillant rosé 2006 est friand comme il le faut, parfumé, dense et rond, un vin classique, marqué par son fruit, à déguster sur des crevettes roses. On se fait aussi plaisir avec le Châteaumeillant rouge cuvée Parenthèse, pur Gamay ...

2 petites bouchées apéritives " fraîcheur "

Il me fallait du frais et du léger avant un repas entièrement ch'ti : alors des petits éclairs ( recette Lenôtre ) aux crevettes grises et des barquettes d'endives à la crème de saumon .Recette des éclairs : Faire bouillir 185g d'eau et 185g de lait , y ajouter 170g de beurre et 9g de sel . Hors du feu ajouter 210g de farine et bien remuer . Remettre sur le feu jusqu'à ce qu'une pellicule se forme dans le fond de la casserole . ...

Domaine Michel Prunier et Fille

Ce vigneron chaleureux et sa fille, Estelle, élèvent plusieurs cuvées remarquables, comme cet Auxey-Duresses Clos du Val rouge 2004, vignes de 31 ans en moyenne, sur sol calcaire et sous-sol argilo-calcaire, élevé 18 mois en fûts dont 25 % de neufs, un vin de robe rubis intense, distingué, très classique comme on les aime, de couleur pourpre, très parfumé (cassis, épices, cuir), corsé et typé, d’excellente évolution. ...

Domaine Esmonin

Toujours au sommet. On le comprend avec ce Ruchottes-Chambertin 2006, un vin gras, aux tanins présents, riche et parfumé en bouche, bien marqué par son terroir, un vin qui associe puissance et distinction, avec ces nuances de griotte confite et d’humus, de très bonne évolution. Beau Gevrey-Chambertin Clos Prieur 2005, très équilibré, très parfumé (petits fruits rouges mûrs frais, épices...), avec cette pointe de griotte ...

Domaine Marquis d'Angerville

ncontestablement à la tête des Premiers Grands Vins Classés. Pas de fioritures ni de frime ici, uniquement la quintessence d’un terroir et la passion d’un homme qui s’efface devant la force de la nature. S’associe à cette rigueur, un formidable rapport qualité-prix-typicité, qui devrait rendre plus humbles un bon nombre d’autres producteurs français. “Le 2006 va être mis en vente, nous précise Guillaume d’Angerville. ...

Lire la suite

Tarte feuilletée au Mont d'Or... plus franc-comtoise, y a pas!

Une tarte bien hivernale pour affronter le mauvais temps qui persiste... et en plus, je profite des derniers jours de la saison du mont d'or puisque je vous le rappelle, il n'est vendu que jusqu'au 10 mai, après il faut patienter jusqu'à la mi-septembre pour le revoir sur les étals. Et si à ce délicieux fromage, on rajoute des pommes de terre et une saucisse de Morteau, le tout sur une pâte feuilletée, on obtient une succulente ... Lire la suite

Douceur mauve aux myrtilles et mini palets bretons

Un dessert que je me prépare presque tous les jours , je change juste les fruits en fonction du marché . Pour cette recette , j'ai trouvé des myrtilles exceptionnelles : énormes et sucrées !Pour tous les jours je me contente de la verrine mais pour les inconditionnel(les ! ) du petit biscuit avec le café , j'ai rajouté des petits sablés bretons .Recette pour la verrine : mixer des myrtilles ( ou fraises , framboises , abricots , prunes ...

Terrine fraîcheur : le potjevleesch

Cette terrine est typique de chez moi . C'est frais et avec l'arrivée des beaux jours j'ai envie de terrines , que ce soit de poissons , viandes ou légumes . Et le plus avec les terrines : elles se préparent bien à l'avance , c'est bien pratique quand on reçoit !!!J'avais l'habitude de le manger recouvert de frites bien chaudes qui transformaient la gelée en une sauce très goûteuse . Et même que quand il en restait un peu , on ...

Vins et Saveurs dans VINOVOX

samedi 8 mars 2008

Champagne Charles Mignon

“La vendange 2007 nous a agréablement surpris, nous explique Bruno Mignon. Malgré les quelques pluies de juin et juillet qui nous ont inquiété au début, le soleil et la chaleur de la fin août et septembre nous ont garanti une belle maturité de raisins, notamment les Chardonnays qui étaient magnifiques, surtout dans les crus de la Côte des Blancs. Nous avons eu également de très belles surprises avec les Pinot noir et le Pinot meunier qui étaient tout à fait acceptables. Ces vendanges ont été très pointues, très techniques, perfectionnistes. Les dates ont été fixées cépage par cépage, dans chaque commune mais aussi par parcelle, lieu-dit, exposition du terroir... C’est le résultat une vendange parfaitement maîtrisée techniquement qui n’a laissé aucune place au hasard et c’est grâce à ce suivi que les résultats sont si positifs. La belle arrière-saison, très chaude et sèche, a accéléré la maturité qui s’est faite dans d’excellentes conditions. Avec les vins de réserves 2005 et 2006, le 2007 et ses Chardonnays superbes et très aromatiques s’avère être un atout très favorable dans cet assemblage.”  Le brut Blanc de blancs Comte de Marne cuvée Millésimée 2000 est de robe jaune or, au nez de narcisse et de coing, avec une bouche très parfumée aux nuances florales et légèrement miéllées, un vin riche et puissant, qui allie vivacité et rondeur, d’une belle finale, tout en fraîcheur. Excellent Comte de Marne Brut Premier Cru Millésimé 2002, distingué, puissant et savoureux, alliant souplesse et fraîcheur en bouche, tout en finesse, aux arômes de fleurs blanches et d’abricot sec, de mousse abondante, très bien dosé. Le Champagne brut Grande Réserve Premier Cru (75% Pinot noir et 25% Chardonnay), associant rondeur et nervosité, au nez de noisette, de mousse abondante, dense, de bouche persistante et fruitée, un Champagne subtil, ample qui associe charpente et distinction, aux notes complexes de fruits secs et de pain grillé en finale. La Grande Cuvée est tout en fraîcheur aromatique, avec ces arômes de fruits frais et d’acacia, de mousse fine. Beau Blanc de blancs, puissant et bouqueté, d’une nervosité en bouche bien caractéristique, mêlant charpente et finesse, d’une belle finale, à ouvrir sur un sandre ou des quenelles de brochet.  Le brut Tradition, alliant charpente et finesse, avec ces notes florales et fruitées, est un Champagne tout en rondeur, très agréable. Excellent rosé, très charmeur, de bouche ronde, légèrement épicé comme il se doit, aux arômes intenses, à dominante de noisette et d’abricot, harmonieux au nez comme en bouche, à déboucher sur un saumon fumé comme sur un gâteau au chocolat. Remarquable rapport qualité-prix-typicité.

Charles MIGNON 7, rue Irène-Joliot-Curie 51200 Épernay Tél. 03 26 58 33 33 Fax. 03 26 51 54 10 e-mail : infos@champagne-mignon.fr www.champagne-mignon.fr

Voir le Classement 2008

jeudi 6 mars 2008

La France a du talent : les vignerons qui comptent en 2008

Cette année, avec ce millésime 2007, nous allons avoir l’occasion de voir l’art des vignerons, la force des terroirs et de revenir vers des vins plus classiques, mieux équilibrés, plus élégants. Il faut comprendre que la force de nos vins, c’est justement d’apporter une finesse qu’un bon nombre de concurrents ne peuvent s’offrir. Qu’est-ce qui différencie en effet un vin français d’un autre ? On a les mêmes cépages, les mêmes techniques de viticulture et d’œnologie... Il y a trois paramètres qui font la différence :

- les sols. À l’exception de l’Italie, aucun autre pays ne possède une aussi grande palette de terroirs, dans lesquels on a su planter -c’étaient souvent des moines- les cépages adéquats. Les exemples pullulent, partout : à Chablis (sols kimméridgiens), en Champagne (la craie, le calcaire), en Bourgogne (pierrosité, marnes rouges ferrugineuses, marnes blanches, sols bruns calcaires...), dans la Vallée du Rhône (molasses, quartz roulés, argiles rouges...), dans la Loire (terres argilo-siliceuses -les fameux”silex”, schistes, plateau calcaire -le “‘tuffeau”, craie marneuse...), à Bordeaux (sols graveleux, graviers, croupe de graves garonnaises...), etc.

- les climats. Quels sont les autres vignobles qui possèdent autant de variations climatiques ? Faut-il rappeler l’influence du mistral en Provence et dans le Rhône, de la forêt en Champagne, de l’océan ou des fleuves à Bordeaux, des positions des vignes sur les versants en Bourgogne comme leur altitude en Alsace, de la méditerranée et du vent en Languedoc, etc.

- les hommes. On a des vignerons dont les ancêtres faisaient du vin il y a plus de 500 ans ! On a des hommes et des femmes qui parviennent -malgré les modes et les appels des “sirènes”- à rester au plus haut niveau depuis des décennies, bien avant que l’on imagine même de pouvoir planter des vignes en Australie ou en Californie, bien avant que l’on nous chante les louanges des vignobles de Nouvelle-Zélande, d’Argentine ou de Roumanie.

Bref, on sait non seulement faire du bon vin, ce que tout le monde peut faire, je vous l’accorde, mais on sait surtout faire des vins racés, reconnaissables entre mille, qui sentent ce “fumé” bourguignon, déploient ce “velours” libournais, cette “chair” en Médoc ou à Châteauneuf, cette “minéralité” à Pouilly ou à Meursault, cette fraîcheur en Champagne comme dans nos grands liquoreux. C’est cela notre force : la différence, la variété, l’originalité... La typicité, ce n’est rien d’autre que l’association d’un sol, d’un micro-climat, d’une plante et d’un homme.

Vous comprendrez que l’on est loin des producteurs qui se disent “modernes”, “révolutionnaires”, “découvreurs”, trop imbus d’eux-mêmes... et nous abreuvent de produits standardisés, au goût régulier chaque année, confondant le principe de se servir des techniques modernes pour “coller” à la nature et celui de les utiliser à outrance (surmaturation, surconcentration...). Nous, on aime les vins qui ont une âme, qu’ils valent 7 € ou 100 fois plus, élevés par des vignerons conviviaux, passionnés et humbles face à la nature. Ces vignerons ont du talent et sont dans ce numéro.

Merci de votre fidélité.

Acheter MILLESIMES en direct (frais de port offerts en France)

dimanche 2 mars 2008

Nos quatre Brouilly préférés

Domaine CRÊT DES GARANCHES Sylvie Dufaitre-Genin 69460 Odenas Tél. 04 74 03 41 46 Fax. 04 74 03 51 65 e-mail : sylvie.dufaitre-genin@wanadoo.fr Une belle place dans mon Classement pour cette exploitation familiale de 9,60 ha, située au cœur du cru Brouilly. Terroir à dominante granitique, allié au cépage Gamay noir à jus blanc confèrent à ce vin sa finesse. Le Côte-de-Brouilly 2005 élevé plusieurs mois en fûts de chêne (vendange manuelle), de robe pourpre, est souple et corsé à la fois, au nez complexe (cassis mûr, fraise des bois, violette), légèrement épicé. Beau Brouilly 2006, de robe intense, bien parfumé (fruits frais, humus...), développe ampleur et rondeur, un vin très légèrement poivré en finale.

Jean-Paul GUIGNIER Domaine Au pied des deux Clochers Les Bruyères 69430 Régnié-Durette Tél. 04 74 69 01 99 et 06 84 79 54 61 Fax : 04 74 69 01 91 e-mail : guignier.jean-paul@wanadoo.fr Une référence avec son Brouilly Domaine de Grapaloup 2006, de bouche intense et dominé par la mûre, un vin alliant souplesse et intensité aromatique, bien harmonieux et très équilibré. Le Morgon 2005 Domaine Au pied des deux Clochers (vendanges manuelles), est un vin remarquable, de jolie robe, de charpente à la fois puissante et souple, tout en arômes (pivoine, groseille), idéal sur une pintade rôtie. Goûtez le Régnié Côte de la Pierre cuvée Vieilles Vignes 2004, issu de vignes de plus de 90 ans déjà exploitées par le grand-père de Mme Guignier, de robe pourpre, au nez puissant et persistant de framboise et de cerise noire, rond et gras, riche, aux tanins enveloppés, de bouche bien corsée.

Alain MICHAUD Alain et Dorian Michaud Beauvoir 69220 Saint-Lager Tél. 04 74 66 84 29 et 06 07 81 45 58 Fax. 04 74 66 71 91 e-mail : alain.michaud17@wanadoo.fr www.alain-michaud.fr Classé 1er Grand Vin avec ce Brouilly 2006, d’une robe rouge cerise limpide, un nez de griotte mais aussi avec des arômes de cassis et de pivoine et une bouche fraîche aux tanins biens fondus, un vin qui demande une cuisine riche. Le 2005 est un vin de couleur profonde, bien typé, aux notes de mûre et de violette, de charpente équilibrée, très charmeur, de bouche charnue et persistante, d’excellente évolution. Vous aimerez tout autant leur Morgon 2006 (2,50 ha, avec des vignes anciennes de 45 ans sur les coteaux), une réussite, un vin de bouche pleine et riche, aux nuances complexes de fruits des bois, puissant et savoureux, d’excellente garde. Très joli Beaujolais rosé 2006 (2000 bouteilles seulement), gourmand et fruité, parfait sur les charcuteries lyonnaises. 

Domaine du TRACOT Henri et Jean-Paul Dubost 69430 Lantignié Tél. 04 74 04 87 51 Fax. 04 74 69 27 33 e-mail : j.p-dubost@wanadoo.fr www.domaine-dubost.com Domaine de 21,65 ha qui existe depuis 1902. Culture de la vigne raisonnée (apports de fumure organique, labourages, tris systématiques, vendanges manuelles...), et respect des terroirs granitiques qui caractérisent le goût du Gamay. Le Brouilly cuvée de Vieilles Vignes 2006, de couleur profonde, bien typé, aux notes de mûre et de violette, de charpente équilibrée, de bouche charnue et persistante. Excellent Fleurie Le Vivier 2006, rond et dense, à dominante de fruits rouges et aux tanins soyeux, d’une belle structure en bouche. Le Morgon La Ballofière 2006, où dominent des notes de cassis, de griotte et d’épices, est un vin avec une structure harmonieuse, bien ferme en bouche. Visitez le musée de matériels anciens. Chambres d’hôtes.

Voir le Classement 2008

vendredi 15 février 2008

La qualité du millésime 2007 en Bourgogne

Brigitte Dussert : vous aimez la Bourgogne, ses vignerons, cette osmose entre ces sols et un cépage unique...

Patrick Dussert-Gerber : je n’aime pas tous les vins de Bourgogne, certains sont dilués, d’autres trop barriqués à outrance pour séduire des marchands spécifiques, notamment à l’export... mais, c’est vrai, ceux que j’aime, j’y suis fidèle.

J’apprécie aussi l’intelligence quand elle est suffisamment courageuse pour rejeter un certain critique américain quand il se pointe pour donner des leçons. Peu l’ont fait, les Bourguignons, oui.

En Bourgogne, les grands vins blancs secs seront parfaitement matures, surtout avec cette équilibre qui leur manquait parfois ces dernières années. À Chablis, 2007 sera élégant, dans le style de 2004 qui est un grand millésime. C’est la même chose à Meursault, à Puligny-Montrachet ou en Corton-Charlemagne, qui gagnent en finesse et en élégance.

Ici, on ne s’excite pas à faire des vins “putassiers”, privilégiant ce qui doit l’être : le terroir et le fruit.

Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime. Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons.

Pour les grands vins blancs, notamment ceux qui proviennent du Chardonnay, il faut bien comprendre que les temps plus frais sont toujours synonymes de grands millésimes. Ce n’est pas pour rien si c’est au-dessus de la Loire que se plaisent quelques-uns des plus grands vins blancs secs du monde.

On ne fait pas de grands vins blancs les années trop chaudes ou dans des territoires trop ensoleillés, exception faite de la Provence, où des cépages comme le Rolle ou l’Ugni blanc s’accomodent particulièrement bien à ce climat estival.

Mais, de grands vins de Chardonnay comme ceux de la Côte de Beaune, on n’en fait ni en Languedoc, ni au Chili, ni en Californie. Alea jacta est.

Brigitte Dussert : là encore, il faut des vins équilibrés, avec une bonne acidité...

Patrick Dussert-Gerber : l’acidité est un facteur qualitatif important : c’est ce qui donne la chair et la typicité de ces grands vins blancs secs, c’est ce qui fait ressortir la minéralité du terroir et leur apporte cette finesse, cette élégance, cette grande fraîcheur indispensable à leur vieillissement.

Quand on goûte un très grand Meursault de 20 ans, on est séduit par cette vivacité exceptionnelle qui le fait ressembler à un vin jeune. C’est ce qui fait la force des grands vins blancs bourguignons qu’aucun autre vin blanc sec au monde ne peut offrir. Sans acidité, il n’y a pas de potentiel de garde réel. C’est ce qui conserve la fraîcheur dans les vins, rouge ou blanc d’ailleurs, c’est ce qui leur permet de ne pas s’aplatir, de devenir “mous”.

__Brigitte Dussert : la qualité du millésime 2007, pour les rouges, est plus hétérogène ? __

Patrick Dussert-Gerber : il est franchement très difficile de généraliser la qualité du millésime 2007 pour les rouges. Succinctement, ils auront peut-être un potentiel de garde un peu inférieur à 15 ans, ce qui n’est déjà pas mal. Ce seront des vins flatteurs assez rapidement, on les appréciera jeunes. Ceux qui ont vendangé trop tôt feront incontestablement un “petit” millésime, il fallait attendre la maturité, ne pas être pris de panique. Les propriétaires que nous connaissons et soutenons ont suffisamment d’expérience et de recul, et c’était nécessaire en 2007.

Le 2007 est un millésime de vigneron et de terroir. Les millésimes 2004, 2002, 2001, 2000 et 99 sont très savoureux. Exceptionnel 2004, en blanc comme en rouge, qui côtoie donc un 2003 très atypique, qui me rend dubitatif à chaque fois que j’en débouche une bouteille. Le grand 2005 suit le 2004, dans les deux couleurs, et demande de la patience. Actuellement, il y a de superbes bouteilles en blancs dans les millésimes 2000, 99, 95 ou 89, alors que les meilleurs rouges développent leur attrait dans les millésimes 99, 97, 89 ou 85.

jeudi 31 janvier 2008

La qualité du millésime 2007

Soyons clair : tout le monde se rappelle du temps exécrable de Juin à mi-aout 2007. Concernant la qualité du millésime, on pouvait s'attendre à une année très médiocre, qualitativement et quantitativement. Évidemment, quelques "devins", par mauvaise foi et/ou par ignorance, des "confrères"... se sont empressés de déniger le millésime. Pourtant, le mois de septembre a été déterminant. Voici ce qu'il faut donc retenir, succinctement, dans toute la France :

1/. Les régions qui feront un grand millésime sans problème sont la Provence, le Rhône et le Languedoc, grâce au beau temps et surtout au mistral.

2/. Les vins blancs secs, partout, ont toutes les chances d'êtres superbes, à Chablis comme à Sancerre.

3/. Les liquoreux, Sauternes en tête, mais aussi les vins de Loire, seront exceptionnels, tant les vendanges tardives l'ont effectivement été, par la force des choses.

4/. Les vins rouges des régions où la qualité globale sera la plus "délicate" sont globalement ceux de la Loire, de la Bourgogne et de Bordeaux. Là, seuls les meilleurs vignerons, dans le strict sens du terme, c'est-à-dire ceux qui surveillent la vigne de près, ont réussi des prodiges, que cela plaise ou non.

Pour Bordeaux, j'y vis, donc j'ai suivi toutes les étapes du 20 août à la fin octobre, à l'inverse de quelques idiots qui parlent d'un salon parisien ou de New-York... J'ai déjà goûté à Saint-émilion, dans les Graves... Eh bien, le 2007 sera un millésime où il y aura de tout. Pour les hommes et les femmes les plus rigoureux, ce millésime est vraiment savoureux, un vin de plaisir, un vin de vigneron, un vin de talent. Je ne résiste pas à vous passer l'interview par mon épouse, Brigitte, de mon ami Olivier Bernard, du prestigieux Domaine de Chevalier, qui sait de quoi il parle :

“C’est indéniable, c’est cette belle arrière-saison qui a fait le millésime. Tout a progressé doucement, nous donnant le temps d’attendre. Au Domaine de Chevalier, nous avons vendangé, les premiers Merlots début octobre et les derniers Cabernets-Sauvignons (superbes) le 17 octobre, ce qui est très tard. Nous avons assisté en 2007 à un cycle végétatif très long de 7 mois, du début avril à fin octobre. C’est ce long développement qui a été très positif pour le raisin. Dans les vignobles de l’hémisphère sud il fait parfois trop chaud, le cycle est très court, le raisin est rapidement “cuit ” et les baies sont souvent ramassées à des degrés trop élevés. Pour que les peaux s’affinent et que les tanins s’adoucissent, il faut un cycle long, une progression douce, constante, sans excès. Nous avons la chance, ici, d’avoir les conditions climatiques idéales pour faire de grands vins. Il faut un parfait équilibre naturel entre fraîcheur nocturne et ensoleillement le jour, brouillard le matin et sécheresse au zénith. Autant, il faut de grands années chaudes pour faire de grands rouges, autant pour les blancs, les années trop chaudes ne sont pas favorables. Le 2007 sera l’un des plus grands Domaine de Chevalier Blanc. Une très bonne acidité, beaucoup de fraîcheur, un équilibre magnifique qui promet de la complexité et de l’élégance, une explosion de fruits (pamplemousse, rose, citron, coing, ananas), un vin très complet, une grande expression du millésime.”

Recevez notre Newsletter hebdomadaire sur l'Actualité des Vins : www.vinovox.com

lundi 31 décembre 2007

VinoVox, le 1er magazine WebVin

Le voilà, le résultat de notre force sur Internet. Le 1er vrai magazine du Vin sur le Web, alimenté par des centaines d'articles, de liens, de flux, de reportages, de présence sur le terrain... C'est -une nouvelle fois- du jamais vu, gratuit et unique ! Le mieux, c'est que vous alliez voir : Vinovox

vendredi 16 novembre 2007

2005, 2004 et 2003 : le top 10 du Rhône à prix imbattables

Voici mes 10 coups de l'année, des vins bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-typicité (de 5 à 12 € environ), chaque appellation ayant sa propre hiérarchie, même si, exceptions obligent, on trouvera toujours le meilleur des CDR-Villages, par exemple, supérieur à un vin d’appellation plus réputée. Le terroir et la main de l’homme font la différence.

Voir le CLASSEMENT Voir aussi toute la Sélection de MILLESIMES

BEAUMES DE VENISE

Domaine BEAUVALCINTE Sylvie et Bernard Mendez La Grange Neuve 84190 Suzette Tél. et Fax. 04 90 65 08 37 e-mail: contacts@domainebeauvalcinte.com www.domainebeauvalcinte.com Domaine de 8 ha. Coup de cœur pour leur CDR-Beaumes-de-Venise rouge cuvée les Trois Amours, riche, coloré et bouqueté, aux notes de cerise confite et d’humus, avec cette bouche chaleureuse et puissante. La cuvée Mon Trésor est très réussie également, un vin au nez de griotte et de cassis mûrs, très typé et parfumé au palais, de belle charpente, généreux, d’excellente évolution.

Château REDORTIER Étienne, Sabine et Isabelle de Menthon 84190 Beaumes-de-Venise Tél. 04 90 62 96 43 et 06 80 67 06 53 Fax. 04 90 65 03 38 e-mail : chateauredortier@vinsdusiecle.com www.vinsdusiecle.com/chateauredortier À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Le chaleureux Étienne de Menthon, fidèle au poste, peut être fier d’avoir su transmettre à ses deux filles sa passion du vin et le patrimoine de son cru. Superbe CDR-Beaumes-de-Venise rouge, de jolie robe intense, puissant en bouche, aux tanins fermes et bien équilibrés, aux notes de fruits rouges mûrs caractéristiques (pruneau, myrtille), un vin parfait sur un canard, de très bonne garde. Goûtez le très bon Côtes-du-Ventoux rouge 2004, alliant structure et rondeur, aux tanins riches et savoureux, un vin coloré et corsé, très abordable. Beau Gigondas rouge, dense, aux arômes de fruits cuits et d’épices, de belle teinte grenat, aux tanins fermes, tout en bouche, un vin racé comme on les aime. Le CDR-Villages blanc est un bel exemple de typicité et de prix sages, un vin typé, de robe jaune clair, complexe avec ces notes de petits fruits secs et de tilleul, tout en finesse et en arômes, parfait sur un poisson au beurre blanc. Goûtez aussi leur Vin de Pays de Vaucluse, tout en souplesse, arômes, très bien vinifié, très réussi.

RASTEAU

CAVE DE RASTEAU Directeur : Jean-Jacques Dost Route des Princes-d’Orange 84110 Rasteau Tél. 04 90 10 90 10 Fax. 04 90 46 16 65 e-mail : rasteau@rasteau.com www.rasteau.com À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Le sympathique et passionné Jean-Jacques Dost dirige cette belle cave (700 ha de l’appellation y sont vinifiés) qui vinifie une bonne partie de l’appellation et fut un acteur essentiel dans la naissance du VDN-Rasteau. Vous ne pourrez q’aimer comme nous ce Tradition (70% Grenache, 20% Syrah et 10% Mourvèdre, vignes de 30 ans en moyenne), un vin qui offre une belle robe rubis, une bouche complexe, où les arômes très fruités du nez sont soutenus par une structure harmonieuse et une finale longue subtilement poivrée. Le Prestige (55% Grenache, 30% Syrah et 15% Mourvèdre, vignes de 40 ans en moyenne) reflète parfaitement son terroir, au nez complexe avec des notes d’épices, de fruits noirs et de torréfaction, un vin de bouche pleine et riche, aux nuances complexes, de garde. Leur CDR cuvée Les Viguiers blanc a un nez subtil (aubépine, noisette), tout en rondeur et persistant en bouche, avec une note de fraîcheur caractéristique, que l’on vous conseille sur une blanquette de veau. Superbe VDN-Rasteau, issu à 100% de Grenache noir qui a un rendement tellement limité (30 hl/ha) qu’une souche produit une seule bouteille. La cave produit 90% des VDN-Rasteau. Ce vin, vinifié en 2 couleurs, s’exprime sous des caractères différents. Excellent en apéritif comme sur un fromage bleu, le pur Grenache, issu de vignes de 50 à 80 ans, sent le tilleul et le coing, un bien joli vin, harmonieux et persistant en finale, avec des notes de fruits secs et d’épices (muscade, curry...). Beau Rasteau VDN Signature, pur Grenache, vignes de 50 à 80 ans. Élevé en bois, aux notes de sous-bois, de poivre d’épices et de cacao, et de mûre, alliant charpente et souplesse, c’est un vin aux tanins denses, parfait avec un dessert au chocolat. Superbe CDR-Rasteau Les Hauts du Village 2000 (40% Mourvèdre, 30% Syrah et 30% Grenache), issu d’une sélection parcellaire, d’une longue macération et d’un élevage partiel en barriques, de belle charpente, alliant finesse et concentration, avec ces nuances de groseille et de réglisse bien persistantes, idéal sur un confit. Le rapport qualité-prix-plaisir est exceptionnel. Voir aussi

VINSOBRES

Domaine de DEURRE Jean-Claude Valayer et Fils RN 94 26110 Vinsobres Tél. 04 75 27 62 66 Fax. 04 75 27 67 24 Un domaine de 50 ha, planté sur un terroir argilo-calcaire avec des cailloux en surface. Remarquable CDR-Vinsobres rouge, aux arômes de violette et de réglisse, épicé, avec des tanins présents et soyeux à la fois, un vin ferme mais bien fondu, de très bonne charpente comme ce CDR rouge Rabasses. Très agréable, le CDR blanc, où s’entremêlent des notes d’amande, de fruits frais et de bruyère, de bouche harmonieuse, suave et sec à la fois.

CAIRANNE

Domaine Daniel et Denis ALARY La Font-d’Estevenas Route de Rasteau 84290 Cairanne Tél. 04 90 30 82 32 Fax. 04 90 30 74 71 e-mail : alary.denis@wanadoo.fr Un domaine familial de père en fils depuis 1692, de 25 ha, composé de terres argilo-calcaires caillouteuses. Beau CDR-Village Cairanne La Jean de Verde, bien complexe, dominé par les fruits macérés, de robe pourpre soutenu, un vin riche et bien en bouche. Goûtez leur CDR-Villages La Brunette, très réussi comme cet excellent Cairanne blanc La Font d’Estevenas, de bouche puissante, riche en bouquet, harmonieux, aux notes de fruits secs et de petites fleurs, tout en finale.

Domaine LES GRANDS BOIS Mireille et Marc Besnardeau 55, avenue Jean-Jaurès 84290 Sainte-Cécile-les-Vignes Tél. 04 90 30 81 86 Fax. 04 90 30 87 94 e-mail : mbesnardeau@grands-bois.com www.grands-bois.com Très bien classé. Leur CDR-Village cuvée Éloïse (50% Grenache, 40% Mourvèdre, 5% Syrah, 5% Carignan, récolte manuelle avec tri à la vigne) est vraiment très réussi, de bouche structurée, d’une belle harmonie, un vin aux arômes d’épices et de fruits noirs, bien équilibré et généreux. Tout en charme également, ce CDR Village blanc cuvée Les 3 Sœurs, un vin de bouche puissante, riche en bouquet, très harmonieux, aux notes de fruits secs et de petites fleurs.

VISAN

CAVE LES COTEAUX DE VISAN Christiane et Théo Théodosiou BP 22 84820 Visan Tél. 04 90 28 50 80 Fax. 04 90 28 50 81 e-mail : cave@coteaux-de-visan.fr www.coteaux-de-visan.fr A la tête des Premiers Grands Vins Classés. Ce couple passionné et dynamique dirige cette cave exemplaire (la cave a obtenu la certification de l’AFAQ pour l’assurance qualité norme Iso 9002, une consécration qui souligne la rigueur en ce qui concerne le conditionnement et la vente des vins, une garantie pour le consommateur et un passage obligé pour le marché international comme la grande distribution). Superbe CDR-Visan cuvée Odyssée (70% Grenache, 10% Mourvèdre, 10% Syrah, 10% Clairette), un vin de belle robe pourpre profond à reflets violacés. Le nez est très élégant, subtil mélange d’épices et de fruits rouges où la framboise domine, note de violette, d’une belle longueur en bouche, un vin charpenté avec des tanins présents mais fins, très équilibré, idéal sur un civet. Belle cuvée Notre Dame des Vignes, de robe pourpre, aux connotations complexes de griotte, de pruneau et de sous-bois, avec des tanins mûrs, de bouche veloutée, puissante et ample (le 2000 est superbe). La cuvée Saint-Vincent (vieilles vignes) est élevée en barriques dans la très pittoresque cave de Saint-Vincent (à visiter), un vin savoureux, intense en couleur comme en arômes, qui fleure bon les fruits mûrs et les épices, auquel il faut laisser du temps pour s’exprimer au mieux. À la suite, la cuvée Ferdinand Delaye Tradition, un vin puissant, avec une structure harmonieuse, bien ferme en bouche, à servir sur une selle d’agneau, de très bonne évolution comme cette cuvée du Marot, issue d’un terroir très caillouteux et de vieilles vignes vendangées à la main, un vin de robe grenat, aux notes discrètes de sous-bois et de mûre, alliant charpente et souplesse. Goûtez encore la cuvée Femmes, qui présente un profil double, nez flatteur, fruité mais aussi du caractère, de la matière, de la puissance et une belle longueur ainsi que de la fraîcheur en finale. Remarquable rapport qualité-prix-typicité. Voir aussi

Domaine de la GUINTRANDY Marie-Claude et Olivier Cuilleras Le Deves 84820 Visan Tél. 04 90 41 91 12 et 06 84 20 33 91 Fax. 04 90 41 97 53 Au sommet de son appellation. Une propriété familiale depuis 1850 (5e et 6e générations), sur un terrain argilo-calcaire. Beaucoup apprécié leur CDR-Visan Vieilles Vignes, qui associe couleur et matière, avec ces arômes de fruits rouges à noyau et de réglisse, finement tannique, de bouche riche, d’excellente garde. Goûtez le rouge cuvée Louise-Amélie, de robe pourpre, d’une belle harmonie, complet et puissant, d’une jolie persistance aromatique, légèrement épicé, alliant souplesse et structure.

SABLET

Domaine du PARANDOU Denis Grangeon Le Camp-Bernard 84110 Sablet Tél. 04 90 46 96 12 Fax. 04 90 46 96 13 Exploitation de 30 ha (3e génération). Le CDR-Sablet rouge (Grenache, Syrah et Cinsault, vignes de 25 ans en moyenne sur sol argilo-calcaire en terrasses, élevage en cuve béton) est très réussi, tout en bouche, avec des nuances de fumé, parfumé (cassis, griotte), aux tanins très équilibrés, à la fois puissant et souple. Goûtez le CDR-Village Sablet blanc, un vin franc, avec ces notes de fleurs et d’agrumes caractéristiques, un vin qui allie fraîcheur et souplesse.

CÔTES DU RHÔNE

Domaine MOULIN DU POURPRÉ Françoise Simon 30200 Colombier-Sabran Tél. 04 66 89 73 98 e-mail : le.moulin.du.pourpre@wanadoo.fr Un domaine qui s’étend sur 21 ha de vignes. Beau CDR rouge (50% Grenache et 50% Syrah), riche et structuré, au nez persistant où dominent des arômes subtils de cassis, de griotte et de cannelle, de très bonne garde comme le prouve ce 2001, aux notes de mûre, de musc et d’épices, corsé, intense en bouche, un vin savoureux et bien charnu. Très joli CDR blanc, issu des Bourboulenc, Ugni blanc et Grenache, avec un bel équilibre entre la fraîcheur, la rondeur et le fruité, tout en charme comme le rosé, finement poivré.

jeudi 8 novembre 2007

Bourgogne : les vins de l'année

Mes sélections (voir celles de MILLESIMES) sont sévères cette année, tant il y a des crus trop chers et d’autres à des prix déments dans la région, difficilement cautionnables désormais, souvent “ciblés” pout l’export, intelligemment délaissés en France comme en Belgique. En fait, ce n’est pas un problème de prix, mais bien de rapport qualité-prix. Une bouteille simplement “bonne” à 30 e (minimum) ce n’est plus acceptable, voilà tout ! Et, connus, anciens, réputés ou non, il s’agit vraiment de faire attention à certains noms dans la région pour ne pas se faire avoir. La notoriété, comme à Bordeaux, ne suffit plus.

Pourtant, les vins de Bourgogne que vous allez retrouver dans le Guide cette année méritent leurs prix, à 10 e comme à 25 e, à 50 e comme à 100 e, certains dépassant même cette limite pour l’extraordinaire millésime 2005, où la demande est mondiale. Il suffit de comparer leur qualité intrinsèque à d’autres vins de mode totalement surcotés que l’on trouve en Languedoc, dans la Vallée du Rhône et à Bordeaux pour s’en assurer.

La force des terroirs est omniprésente, et on ne doit s’intéresser qu’aux vignerons dignes de ce nom, ceux qui pratiquent l’amour du terroir associé à une convivialité exemplaire, et c’est ce qui compte ici, tant cela peut manquer dans d’autres régions. Car ici, le vin est avant tout un art de vivre. On partage un moment (et on boit un “canon” en même temps) avec ces vignerons talentueux et passionnés, souvent très discrets, mais avec lesquels on partage, quand on les connaît, une convivialité rare.

Ici, il y a donc les incontournables qui élèvent quelques-uns des plus grands vins rouges du monde (Lamarche, d’Angerville, Trapet, Moillard, Rebourseau, Bourrée…), ou blancs bien sûr, tant cette catégorie ne supporte pas de comparaison (Clos des Perrières, Ampeau, Antonin Guyon, Tremblay, Pinson ou Laroche à Chablis…); d’autres avec des vins vraiment exceptionnels pour leur rapport ­qualité-prix-typicité (Blondeau-Danne, Prunier, Laleure-Piot, Marey, Doudet-Naudin, Audoin, Chevillon…), et enfin un véritable vivier de crus qui méritent une commande, que l’on retrouve notamment dans la catégorie des Deuxièmes Grands Vins Classés, dans l’ensemble des appellations.

Bien sûr, il s’agit de savoir faire le bon choix, tant la complexité des classements en crus, clos, climats, et le fait qu’un vigneron puisse posséder une multitude de crus dans un périmètre très restreint (quelques ares…) ne peuvent que multiplier les différences. La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est omniprésente.

Comment expliquer que l’on puisse trouver autant de différence entre un Nuits-Saint-Georges ou un Pommard, un Meursault ou un Montrachet, quand on sait que le cépage (Pinot noir ou Chardonnay) est unique, et que l’on ne peut pas “jouer” sur la proportion des raisins ? Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime. Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons. Globalement, les Grands Crus sont régulièrement “supérieurs” aux Premiers Crus, l’exception et le talent de l’homme confirmant la règle.

Bien entendu, ici comme ailleurs, quelques producteurs élèvent des vins trop “travaillés” (et bien chers) où le fût neuf est employé à l’extrême, ce qui n’est pas pour arranger le Pinot noir notamment, qui demande de la finesse. Il en va de même pour certains blancs, où la barrique (et tout le baratin que l’on va vous raconter) ne remplace pas le terroir...

Mes Classements 2008 vous permettent de faire le point, en tenant compte qu’il existe une véritable hiérarchie interne à chaque catégorie et qu’il ne faut pas comparer, bien sûr, un classement d’une appellation à celui d’une autre appellation.

lundi 22 octobre 2007

Un vrai vin, sinon rien !

Cela fait 28 ans (vous lisez bien, mais c’est vrai que j’ai débuté bien jeune dans ce monde envoûtant du vin) que j’écris, goûte, écoute, apprécie tel ou tel, rigole d’un autre, oublie untel, etc…

En fait, j’ai de la mémoire. Elle me fait respecter les fidèles, sourire de quelques-uns, savoir ce que certains font de leur vin (ou y mettent), et ranger ces cases dans ma tête comme il le faut pour les réactiver.

J’ai connu, et connais, pas mal de monde : des hommes (et des femmes, bien sûr) formidables, dont la relève n’a jamais (hélas) été assurée, le saut des générations (vous savez : celle qui crée, celle qui gère, la troisième qui dilapide) étant souvent bien réel, d’autres inintéressants, d’autres encore, passionnés et passionnants, avec qui c’est toujours un plaisir de “boire un canon”, plus de 20 ans après, etc.

La puissance du Guide, de Millésimes et désormais notre présence sur Internet (*) font bien sûr des envieux, mais il semble que cela soit typiquement français. Les dés étaient pourtant bien jetés.

En fait, à la cinquantaine, le bilan et les projets sont clairs : je n’ai pas failli à mon instinct profond de défendre encore et toujours les hommes et les femmes, du plus grand au plus modeste, qui sont attachés, comme moi, comme mon équipe (ma famille, devrais-je écrire), à extraire de leur terroir une quintessence à la fois naturelle et spirituelle, loin des artifices et des modes passagères. Si j’aime le vin, j’aime aussi ceux qui l’élèvent, je pense à eux quand je débouche leur bouteille, je partage ce plaisir, et c’est ce qui compte. Les “frimeurs”, les vins marchands, les produits “putassiers”, je les combats ou j’y suis indifférent, voilà tout.

Aujourd’hui, donc, nous confortons et renforçons, comme nous l’avons toujours fait (l’audace du 1er Guide de ce genre comme celle d’avoir investi sur le net, bien avant les autres) Millésimes et le Guide (sa prochaine édition sera “dure” sur le plan éditorial, assortie d’une maquette moderne que la direction d’Albin Michel et moi-même avons approuvée avec enthousiasme), nous poursuivons notre développement dans ce média fondamental, Internet, où nos “concurrents” ne risquent pas de rattraper ce que nous avons réalisé (**). Le site de Millésimes est déjà l’un des plus importants dans son domaine, et nous allons le traduire en langue américaine, tout d’abord, puis, certainement, en langue espagnole, ce qui nous donnera une dimension mondiale, une présence sur tous les continents, et un lectorat potentiel de plusieurs centaines de millions d’internautes, ce qu’aucune édition “papier” ne peut envisager. Des faits, pas des paroles !

Et puis, cette année, je vais -enfin- prendre le temps d’écrire mes romans, en tout cas au moins un, toujours édité chez Albin Michel, confiance oblige. Des livres dont le synopsis se trame depuis longtemps. Bien sûr, il y aura, dans l’un, une part importante de ma conscience (le monde de la terre qui m’est cher devrait y avoir sa place, indirectement certes), et, dans l’autre, le script (mais je ne vous dévoilerai pas grand chose) s’oriente vers un thème qui m’est tout aussi intime, les grandes civilisations antiques, une saga, historique mais bien actuelle, où l’Orient rejoindra l’Occident. En fait, l’année 2007, devra donc m’occuper à temps plein.

En parallèle, profitons de ce nectar que sait être le vin, où, comme en littérature, l’esprit rejoint la matière… Il y a un millier de vignerons exceptionnels dans ce numéro, à qui nous sommes fidèles, et qui nous le rendent bien, et cela vaut tous les écrits du monde.

Acheter Millésimes en direct

Acheter le Guide

samedi 13 octobre 2007

Les sols des vignobles mondiaux

Le sol, c’est le terroir, et c’est lui qui va faire la différence entre un grand vin et un bon vin.

Pour mieux comprendre l’influence du sol, il faut réaliser que la force de la vigne, son originalité (sans équivalence à ce point), est en fait de se développer en sous-sol, pour chercher sa nourriture. A cinq, dix ou quinze mètres, ses ramifications vont puiser dans les roches les minéraux et autres aliments essentiels (fer, magnésium, calcium, azote…) nécessaires à sa croissance.

En réalité, le sol que l’on voit quand on se promène dans un vignoble n’a, lui, que peu d’importance, même si certains producteurs se font un malin plaisir de rajouter des cailloux de graves pour “faire mieux”. Ce qui compte, c’est le sous-sol, et rien d’autre.

La règle de base est extrêmement simple : les meilleurs vignes poussent dans des sous-sols pauvres, bien drainés naturellement, auxquels les différentes couches apportées par les cycles tertiaire et quaternaire apportent une touche fondamentale où complexité et homogénéité s’assemblent.

Aux côtés de ceux qui sont confrontés à leurs ressources naturelles, certains vignobles sont conduits comme des champs de maïs, avec drainage et tutti quanti. Si la vigne pousse partout, si les raisins rouges sont rouges dans n’importe quel pays, il faut encore savoir faire la différence entre la typicité et l’uniformité. De lui-même, le sol fait donc la différence.

Alluviaux (dépôts) : déposés par un torrent, composés pour la plupart de limon, de sable et de graviers, très fertiles. Pour référence, la fameuse plaine alluviale de la vallée du Pô, en Italie. Se rencontrent également en Hongrie, au Liban, en Savoie, en Bulgarie, en Afrique du Nord, en Californie, et dans La Rioja.

Ardoise : roche dure, qui provient de la compression d’argile, de limon et de sable, qui retient bien la chaleur. On peut la trouver dans la région de l’Ahr, en Allemagne, où elle s’allie à des terres volcaniques.

Lire la suite

jeudi 27 septembre 2007

Le Muscadet, c'est un vin de plaisir

J’ai débuté dans cette région, et j’y suis donc attaché. Pourtant, certains vins sont sans nervosité, issus de vendanges et de vinifications appropriées, un “style” de Muscadet qui sent les parfums exotiques. Il en est de même pour les vins provenant de raisins “passerillés”, aux “vendanges tardives”, aux élevages en fûts neufs qui n’ont rien à voir avec la grande tradition des vins de Nantes et ne font que les dépersonnaliser un peu plus. La typicité est notamment liée à la mise en bouteilles sur lie, qui consiste à laisser les vins reposer sur leur lie durant 4 ou 5 mois après leur fermentation jusqu’à leur embouteillage. Elle permet de protéger le vin de l’oxydation et lui confère une fraîcheur et un perlant caractéristique, grâce à une présence importante de gaz carbonique (un Muscadet sur lie en contient deux fois plus qu’un Muscadet). La spécificité existe bien car le sous-sol est composé de roches de l’ère primaire, et se particularise par un système complexe de failles et un métamorphisme poussé. On y trouve en majorité des roches mères éruptives (35 % de gneiss, micaschistes, éclogites, amphibolites et prasinites). Cette diversité induit des différences notables de précocité et de rendement. Les vins récoltés sur schistes, micaschistes, gneiss du bassin versant de la Loire et du marais de Goulaine sont généralement précoces et tendres. On les trouve, entre autres, sur les communes du Landreau, du Loroux-Bottereau, de Haute-Goulaine, et certaines communes des coteaux de la Loire. Les vins récoltés sur le secteur est du vignoble (Vallet, Mouzillon, Georges, Corcoué sur Logne…) et issus de terrains de gabbros et de roches vertes, sont plus tardifs. Le top, le voici.

mardi 11 septembre 2007

Château Muret, une valeur sûre

Le Classement : http://www.guidedesvins.com/medoc.php

Un domaine de 25 hectares (moitié Cabernet, moitié Merlot), entièrement restructuré depuis l’arrivée de son propriétaire, Philippe BOUFFLERD, en 1985 : construction d’une cuverie moderne, d’un chai à barriques..., tout a été mis en place pour atteindre une qualité optimale. Le Château MURET possède une belle robe soutenue, une attaque en bouche assez ronde évoluant sur des tanins bien présents, une finale en bouche où le fruit se mélange harmonieusement avec des notes finement boisées, dues à un élevage de douze mois en barriques, un vin d’excellente garde

Une place toujours très enviable dans le Classement pour ce remarquable Haut-Médoc 2004, un vin dense où domine l’élégance et la finesse, aux notes de truffe et de fraise des bois, prometteur. Le 2003, velouté, souple avec une attaque fruitée de petits fruits rouges, est un vin gras, équilibré, aux tanins amples. Le 2002, riche en couleur, où se mêlent la griotte et l’humus, dense, aux tanins soyeux, de très bonne charpente. Remarquable 2001, très aromatique, d’une belle structure, avec beaucoup d’élégance, aux notes de fruits, de cannelle et d’humus, très équilibré au nez comme en bouche. On se fait aussi plaisir avec le 2000, qui commence à s’ouvrir, gras et complexe, intense et charmeur, bien marqué par son terroir, riche en couleur, corsé, charpenté, qui sent bon les fruits mûrs et les sous-bois, de bouche puissante comme ce 98, très classique. Le 99 est très réussi, tout en charme, corsé, au nez intense de petits fruits rouges mûrs et de cuir, charmeur et racé à la fois, gras, complexe, de bonne évolution comme ce 96, aux notes giboyeuses, d’un beau rouge profond, riche en bouche, ample et structuré, d’une belle finale.

vendredi 7 septembre 2007

Le top du Champagne

DU GRAND ART http://www.millesimes.fr/images/v_champagne.jpg En quelques années, le Champagne a franchi les simples barrières du luxe et de la fête pour devenir un vin à part entière. Les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouvent dans notre Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, et dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés), apportent du plaisir, et méritent d’être appréciées tout au long du repas, sur des plats appropriés, à l’apéritif toujours ou sur les desserts. Bien sûr, la force du terroir est réelle ici et vient s’allier à cet art exceptionnel de l’assemblage que chaque vigneron ou maître de chai va marquer de sa “patte”, créant une bouteille unique, que personne n’a réussi à égaler, partout dans le monde, où l’on ne fait que des mousseux... Qu’elles dégagent des notes de chèvrefeuille, de rose ou d’abricot, qu’elles développent en bouche les nuances d’amande, de brioche ou de fruits mûrs, voici les cuvées qui comptent, où la convivialité s’associe au talent, à des prix largement mérités.

Voir le Classement : http://www.guidedesvins.com/champagne.php

Voir notre sélection : http://www.millesimes.fr/classement.php?rech1=CHAMPAGNE&rech4=Y

Et aussi les sélections hebdomadaires : http://www.champagneattitude.com/ http://www.guidechampagne.com/ http://www.vinchampagne.eu/ http://www.votrechampagne.com/

mardi 28 août 2007

Concours gratuit : gagnez des bouteilles !

Gagnez des bouteilles :

http://www.amourduvin.com/f_jeu.html

Bien accorder le vin au plat

http://www.millesimes.fr/images/carte_france.gif

Quand on débouche une bouteille de vin, à n’importe quel prix, on doit surtout -pour en profiter pleinement- adapter les mets qui lui conviennent le plus. Historiquement, le vin a toujours été lié avec la gastronomie des régions. Si l’on fait un vin rouge puissant et épicé en Languedoc ou dans le Rhône, c’est, par exemple, une réponse à la multitude de préparation de gibiers dans ces régions, qui demandent des vins riches et corsés. Autre exemple : le velouté des vins blancs bourguignons et leur persistance d’arômes, qui leut permet de "coller" parfaitement aux viandes blanches à la crème...

Voir aussi :

http://patrick.dussert-gerber.com/laccord-ideal-des-vins-et-des-mets-du-monde

Et aussi :

http://www.millesimes.fr/accords-vins-mets.php

L’Alsace

L’Alsace est l’exemple caractéristique des grandes régions vinicoles et gastronomiques françaises où le mariage des vins et des mets peut surprendre le plus. Bien sûr, on connaît les spécialités du pays, les choucroutes, les fromages, les charcuteries ou le kouglof, et l’intensité aromatique des grands crus, alliant finesse et richesse en bouche. On se doute bien qu’un vin d’Alsace se déguste aussi avec des crustacés ou des fruits de mer mais on oublie parfois l’extraordinaire osmose d’un Muscat avec des asperges, par exemple.

Les vins peuvent se boire pratiquement tout au cours d’un repas. Sur la choucroute (Riesling), avec une sole meunière (l’Alsace est riche également de poissons de rivière), avec des crustacés. Plus original, le fameux “poulet au Riesling”, une blanquette de veau à l’ancienne. La puissance de son bouquet et sa persistance aromatique en bouche place le Gewurztraminer comme un apéritif idéal. Il est superbe (comme le Pinot Gris) avec un pâté en croûte ou une terrine de foies blonds, ainsi que sur la tarte flambée. Les Vendanges Tardives se savourent sur un foie gras d’oie d’Alsace, au naturel ou en brioche, et sur des fromages forts comme le maroilles, le munster ou le roquefort.

Le beaujolais

Il y a deux façons de déguster les crus du Beaujolais : dans leur jeunesse, en profitant de leur couleur et de leur fruité avec des charcuteries, des rillons, des fromages à pâte molle ou une viande rouge grillée (les Beaujolais-Villages, les crus de Brouilly, Côte-de-Brouilly, Chiroubles et Saint-Amour sont parfaits), ou parvenant à maturité, notamment les crus plus charpentés, c’est-à-dire avec un minimum de quatre à cinq années d’évolution, sur une cuisine plus élaborée. - Fleurie, Juliénas. Très parfumés, à dominante de fruits rouges et de sous-bois, à présenter avec une oie farcie, un fromage bleu (Auvergne ou Bresse), ou un gibier (perdrix). - Chénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié. Bouquetés et denses, parfaits sur une terrine de gibier, du jambon fumé ou un foie de veau. Le bordelais - Médoc et Haut-Médoc. Des vins riches et souples à la fois, de belle couleur, parfumés, équilibrés, de bonne garde. Ils se goûtent avec toutes les viandes rouges dont la fameuse entrecôte bordelaise cuite sur les sarments, et plus le millésime est ancien, parvenu à sa maturité, avec des plats complexes, gibiers, civets ou de l’agneau. - Margaux. Prédominance à l’élégance et la structure. Un vin concentré dans sa jeunesse, au nez subtil, qui a besoin de temps pour donner toute sa finesse. En dehors des viandes rouges, le gibier à plume. - Moulis et Listrac. De l’agneau, des viandes rouges, avec une prédominance pour un foie de veau sur un millésime à maturité, ou des ramiers aux cèpes en cocotte qui s’accordent bien avec le “moelleux” du vin. - Saint-Estèphe. Puissant et concentré dans sa jeunesse, un très grand vin typé qu’il faut aussi savoir attendre, intense, à savourer avec une viande en sauce ou une bécasse. - Graves. En blancs, les vins, alliant finesse aromatique et persistance en bouche, s’associent à un veau en sauce ou une alose. Les rouges, bien typés, allient richesse et distinction sur du veau rôti, de l’agneau ou un gigot à la ficelle. - Fronsac et Canon-Fronsac. Des vins corsés et chaleureux, légèrement épicés, qui s’accordent bien avec un curry de mouton ou de l’agneau rôti. - Lalande-de-Pomerol. Couleur, concentration aromatique et onctuosité en bouche en font un vin qui se déguste avec la plupart des viandes, un magret de canard ou de l’agneau en croûte. - Lussac, Montagne et Puisseguin-Saint- Émilion. Bonne matière tannique, rondeur et bouquet. Idéal sur de l’agneau au four, des brochettes de canard ou un curry de mouton qui fait ressortir le caractère épicé du vin. Sur un vieux millésime, des mets plus riches comme un canard farci, un curry et les civets. - Saint-Émilion. Parfumé, corsé, un vin dense et ferme, pour viandes rôties et gibier à plume. - Pomerol. Ces vins riches, puissants en arômes comme en structure, denses et veloutés en bouche “collent” avec la plupart des gibiers et les truffes, dont on retrouve les arômes dans le vin. Essayez les œufs à la broche aux truffes fraîches. - Premières-Côtes-de-Blaye, Côtes-de-Bourg, Premières-Côtes-de-Bordeaux et Côtes-de-Castillon. Colorés, alliant charpente et rondeur en bouche, les Côtes-de-Bourg se marient avec du veau (sans sauce), de l’agneau, des magrets de canard et la plupart des gibiers à plume pour les vins parvenus à maturité. Le caractère légèrement épicé de ces crus les prédispose à un curry de poulet par exemple, des viandes en sauce légère ou des rognons. - Barsac et Sauternes. Pour profiter de leur richesse et de leur typicité, à l’apéritif. Plus conventionnel, sur un foie gras, pour un millésime assez jeune, et sur un dessert pas trop sucré comme une tarte aux framboises. Plus rare, la lamproie, et des ris de veau à la crème. - Loupiac. Plus souple, plus fruité, un vin tout en nuances aromatiques, onctueux, qui s’accorde avec les mêmes mets que ceux de Sauternes. - Entre-Deux-Mers. Francs, légers, fruités, des vins blancs secs surprenants par leur rapport qualité-prix, à découvrir sur les fruits de mer et les crustacés. - Bordeaux Supérieur. Souples et colorés, alliant charpente et bouquet, les vins se goûtent avec toutes les viandes rouges, mais aussi, pour des millésimes plus évolués, sur une escalope de veau ou un navarin de mouton.

La Bourgogne

- Auxey-Duresses. Si le blanc est parfait avec les poissons de rivière ou une volaille, le rouge, riche, bouqueté, tout en bouche, s’accorde bien à la plupart des viandes rouges ou aux gibiers. - Chablis. Ampleur, suavité, vivacité et persistance aromatique pour ces crus de Chablis, à déguster sur des poissons de rivière, des langoustines flambées ou une côte de porc charcutière. - Chambolle-Musigny. Charme, puissance, finesse, couleur et concentration aromatique prédominent. Idéal sur un dindonneau à la broche ou une bécasse. - Puligny-Montrachet et Chassagne-Montra­chet. Bouquetés, secs et suaves à la fois, de beaux vins tout en persistance aromatique, pour les poissons et les viandes blanches cuisinées. - Corton-Charlemagne. Il se savoure avec un turbot poché, un veau Orloff ou une dinde aux marrons, un foie gras au naturel ou du caviar. - Côte-de-Beaune et Hautes-Côtes-de-Beaune. Bouquet et souplesse en bouche en font un rouge à boire sur un poulet rôti ou un jambon, du rosbif froid et un saint-nectaire. - Fixin. Solide et coloré, un Fixin se goûte fort bien avec une palombe, un coq au vin, voire un curry de mouton. - Mâcon. Une escalope (ou une langue) de veau et des poissons grillés pour le blanc, le gibier à plume pour le rouge qui s’accorde également avec une raclette. - Mercurey. Le rouge, ferme et fruité, d’excellente évolution, se goûte avec des beignets d’aubergines, une perdrix au chou ou un reblochon. - Meursault. Riche, parfumé, suave en bouche, un Meursault jeune se boit avec des ris de veau ou une dinde aux marrons. À maturité, il lui faut une blanquette de veau, des morilles à la crème ou des quenelles de brochet. - Nuits-Saint-Georges. Alliant charpente et finesse aromatique, ces vins s’accommodent d’un ragoût d’agneau, d’un civet de lapin, de grives ou d’un bourguignon. - Pommard. Solide et coloré, un grand Pommard se savoure sur des mets subtils et puissants à la fois, comme une palombe, une poule au pot, les viandes en sauce et le gibier. - Pouilly-Fuissé. Idéal sur un saumon grillé, des ris de veau, une poularde en croûte de sel ou des quenelles de brochet. - Rully. Le rouge s’accorde bien avec un jambon de sanglier, un canard farci ou le gibier. Le blanc avec tous les poissons. - Santenay. Sa structure lui permet de se marier avec la plupart des gibiers et les ragoûts (daubes). Idéal dans sa jeunesse avec une épaule d’agneau boulangère. - Vosne-Romanée. Concentration aromatique et velouté demandent un pintadeau en sauce, un poulet sauté aux morilles ou un râble de lièvre.

La Champagne

Pour le Champagne, s’il est bien sec, à l’apéritif ; s’il est demi-sec ou doux, au cours d’un repas ou en dessert (fruits et pâtisseries). Les inconditionnels peuvent faire tout un repas au Champagne, délaissant néanmoins les viandes rouges ou le gibier. Un vin idéal avec des crustacés, ou, s’il est plus charpenté (une cuvée de Prestige), sur un poisson en sauce ou un feuilleté de turbot. Le Champagne rosé s’apprécie sur une viande blanche ou sur un gâteau au chocolat (pas trop sucré).

Le Languedoc - Corbières, Côtes-du-Roussillon, Fitou, Coteaux-du-Languedoc et Minervois. En rouge, le vin est marqué par des connotations fruitées et épicées caractéristiques qui lui permettent de tenir sur le gibier, les saucisses, le lièvre, avec un brie, sur les cassoulets du pays voire sur les pâtés à base de viande de mouton, qui sont légèrement sucrés. Le rosé se déguste sur les terrines ou un poulet basquaise, et les blancs avec les poissons, des volailles rôties ou sur un lapin à la moutarde.

La Provence - Bandol et Cassis. Des vins rouges riches en arômes et en saveurs, avec cette touche vanillée, qui se marient avec des plats épicés. Pour des millésimes plus anciens, sur un lièvre à la royale, une poularde en croûte de sel ou un reblochon. Le rosé tient sur une ratatouille, une saucisse grillée ou des brochettes de rognons, et le blanc sur une escalope ou un sandre au beurre blanc. - Coteaux-des-Baux et Coteaux-d’Aix. Des rouges colorés, parfumés, aux notes de fruits rouges mûrs et d’humus, au caractère affirmé, qui se goûtent fort bien sur un foie, une selle d’agneau aux herbes ou un gigot. Goûtez le rosé, bien frais, sur des paupiettes de veau ou un veau Orloff. - Côtes-de-Provence (et Corse). Des rouges alliant couleur, parfums et souplesse en bouche, qui se marient avec une bonne potée, un rôti de porc froid ou un carré d’agneau. Pour les blancs, fruits de mer et bouillabaisse, tandis que le rosé se déguste avec une morue grillée ou des calmars.

Le Sud-Ouest - Bergerac et Monbazillac. En Bergerac et Côtes-de-Bergerac, les rouges, parfumés et souples, sont adaptés à des viandes grillées, une côte de veau, un cassoulet ou une daube. Le blanc sec s’associe avec des écrevisses, des sardines grillées. Les moelleux, très fruités, aux connotations de miel, se goûtent à l’apéritif, en dessert sur une île flottante ou un flan, sur un bleu et le foie gras. - Cahors. Un vin riche en couleur comme en charpente qu’il faut apprécier avec des tripes, du gibier (chevreuil), un caneton aux figues, une oie rôtie aux marrons et aux pommes. - Gaillac. Le rouge s’adapte à la plupart des viandes et des plats légèrement épicés. Le blanc est vif et rond à la fois, à déboucher sur les poissons de rivière. - Jurançon. En blanc sec, un vin au nez de fruits secs, racé, tout en bouche, avec les poissons de rivière, et, en moelleux, un vin bouqueté, onctueux et typé, qui s’accorde avec les mêmes mets que ceux des autres liquoreux. - Madiran. Complexe et concentré, très parfumé, aux tanins fermes et puissants, très typé, un vin qu’il faut savoir attendre, à boire avec une viande en sauce, le gibier à poil ou un cassoulet.

Le Val de Loire - Chinon. S’il est jeune, avec une volaille ; s’il est parvenu à maturité, il convient aux viandes rouges, à un canard ou à un gibier cuisiné légèrement. - Coteaux-du-Layon. Des moelleux à déguster à l’apéritif, sur les charcuteries, avec un foie gras ou des fromages bleus. Goûtez-les sur un saucisson brioché ou un homard. - Sancerre et Pouilly-Fumé. Sec, nerveux et fruité, le blanc se goûte avec les fruits de mer, les rillettes, l’andouillette au vin et les poissons. Le rosé s’adapte à toutes les charcuteries, et le rouge à un canard ou à une dinde aux marrons. - Saumur. Un blanc sec et floral, idéal sur une côte de veau ou des rillons, et des rouges que la plupart des dégustateurs apprécient avec du mouton, un magret, voire un faisan pour un millésime plus ancien. Goûtez aussi les Crémants, très fins. - Touraine. Des vins frais et fruités, qui se boivent avec des rillons quand ils sont jeunes (pour les rosés et rouges), puis sur une volaille, des pigeonneaux, du veau grillé. Le blanc se marie avec les mêmes plats que les vins de Saumur. - Vouvray. Des blancs secs pour les fruits de mer et les poissons, et des moelleux bien typés, frais et fruités à l’apéritif ou avec les charcuteries du pays. N’oubliez pas les Crémants.

La Vallée du Rhône - Châteauneuf-du-Pape. Des rouges riches et charpentés, très parfumés, qui sentent la garrigue et les fruits surmûris, et s’apprécient sur le gibier (sanglier, chevreuil, lièvre) ou avec les truffes. Les blancs sur une cuisine riche. - Cornas et Côte-Rôtie. De grands vins rouges intenses et complexes, concentrés au nez comme en bouche, d’excellente garde, qu’il faut savoir attendre et déguster sur des plats épicés. - Côtes-du-Rhône et CDR-Villages. Dans leur jeunesse, les rouges vont parfaitement avec les viandes blanches ou les volailles (pigeonneaux). Plus vieux, ils méritent un chou farci, une daube et du gibier (perdrix). Les rosés “collent” aux terrines et aux poissons grillés, et les blancs à une escalope panée ou à un sandre au beurre blanc. - Gigondas. Le vin est puissant au nez comme en bouche, ferme, d’excellente garde et se marie aussi bien avec un gigot à la ficelle ou une selle d’agneau qu’avec des mets plus riches comme une daube ou le gibier. - Hermitage et Saint-Joseph. Idéal sur une viande rouge ou de l’agneau quand ils sont jeunes, puis, à maturité, avec un lièvre à la royale ou un salmis de colvert. Les blancs, suaves et onctueux, sur une blanquette ou un saumon grillé.

lundi 20 août 2007

Parution du Guide 2008

Ma sélection est sévère cette année. Il faut dire que, depuis 28 ans, je connais des milliers de producteurs, du plus chaleureux au plus orgueilleux, du plus passionné au plus mercantile, du plus arrogant au plus enthousiaste... Cela permet d’appréhender toute cette filière viticole, et il faut, aujourd’hui plus qu’hier, choisir son camp. Il y a 3 points qui me tiennent à cœur :

- L’éthique du vin. Je la défends, pour les consommateurs, comme la grande majorité des vignerons dignes de ce nom que vous trouverez dans le Guide. Avoir une éthique, c’est ne pas galvauder ses racines, son histoire, pour gagner quelques euros, s’attacher à laisser s’exprimer la nature sans abreuver à outrance les vignes de pesticides ni se servir exagérément de quelques sophitications œnologiques (concentrateurs, copeaux de bois, levures, chauffes spéciales de barriques neuves...) qui ne servent qu’à habiller un vin. Un vrai vin n’a pas besoin de maquillage.

- La typicité. Quel est l’intérêt de boire un vin rouge, blanc ou rosé qui n’a pas la moindre originalité par rapport à un autre ? La course à la mondialisation est bien souvent l’occasion d’aseptiser les produits, de “lisser” les différences, d’exclure toute subjectivité, de moduler les goûts en prenant les consommateurs pour des gogos. Un jour, on vous fait un produit pour les filles, le lendemain une bibine pour le 3e âge, on voit débarquer des vins en canettes, etc. Faire cela, c’est tout simplement niveler la qualité par le bas. Ne croyez pas les pubs ou les dossiers de presse qui proclament qu’il faut s’adapter aux consommateurs, le seul but de tout cela, c’est la rentabilité, rien d’autre. Le goût du vin (et de la vie), c’est le plaisir, la diversité, le choix, pas l’argent, l’uniformité ou le collectivisme.

- Le rapport qualité-prix-plaisir. Il y a en France des vins qui atteignent des prix injustifiés et que je ne cautionne plus. Je ne pense pas aux quelques crus mythiques à des prix innaccessibles pour lesquels on entre dans le monde du luxe. Je parle de certaines cuvées du Languedoc, du Sud-Ouest, du Rhône, d’un bon nombre de crus de Bordeaux ou de Bourgogne... Le comble, c’est que la majorité de ces vins trop chers sont ceux qui sont aussi le plus dépersonnalisés, “travaillés”, concentrés à la limite de l’écœurement. C’est la porte ouverte aux bons vins étrangers (les vins typés, pas ceux que l’on fabriquent dans des cuveries grandes comme des laiteries). J’aime donc les hommes et les femmes du vin enthousiastes, passionnants, humbles, qui s’attachent à défendre et à promouvoir la magie de leurs terroirs. On parle le même language, car, nous aussi, nous sommes passionnés : mon épouse, Brigitte, aux commandes de Millésimes, ma mère et ma tante, Colette et Claude, mes collaboratrices, Mélodie, Danièle, Isabelle et Yolaine, toutes m’aident à réaliser également le Guide que vous avez entre les mains, même si je reste seul à déguster.   Merci de votre fidélité.

Voir aussi : www.patrick.dussert-gerber.com Et : www.guidedesvins.com

mercredi 4 juillet 2007

La force de nos terroirs

http://www.millesimes.fr/photos/179-2.jpg

http://www.millesimes.fr/photos/806.jpg

Qu’on le veuille ou non, la France fait les meilleurs vins du monde ! C’est vrai pour les très grands crus (qui peut lutter avec une telle élégance ?) comme pour tous les autres (où trouve-t-on autant de plaisir et de diversité, dans les trois couleurs, dans une gamme de prix de 5 à 20 euros ?). Rien n’est venu tout seul : c’est, aux côtés de sols et sous-sols uniques, grâce à cette volonté historique des hommes et des femmes de nos vignobles. Et si la concurrence existe, elle est soit très chère, soit “sans âme ni vertu” ou aseptisée. Patrick Dussert-Gerber, depuis 27 ans, au travers de Millésimes et de son Guide, avec plus d’un million de lecteurs, défend passionnément ceux qui le méritent.

Brigitte Dussert : Certains négociants ou syndicats veulent simplifier les appellations françaises ?

Patrick Dussert-Gerber : S’en tenir à simplifier les étiquettes n’est pas la bonne solution. C’est trop facile de dire que le fait d’avoir trop d’appellations perturbe la compréhension du consommateur. Cela fait des siècles que l’on fait du vin en France, et des dizaines d’années que nous sommes les références mondiales, en quoi nos étiquettes et le nombre de nos appellations ont-elles gêné cela ?

Ce n’est pas parce que nos concurrents n’ont pas d’arguments sur la typicité que l’on doit faire pareil en “lissant” nos appellations. La complexité devient au contraire la manière de valoriser les consommateurs. Un amateur de vin, ce n’est pas un idiot : il a parfaitement le droit à la culture du vin. Plus on fait des vins simples, plus on prend le consommateur pour un imbécile, incapable de comprendre la spécificité de tel ou tel cru. Je ne partage pas cet avis.

http://www.millesimes.fr/photos/966-2.jpg

http://www.millesimes.fr/photos/980.jpg

BD : Faut-il par exemple privilégier le nom des cépages sur l’étiquette ?

PDG : Mettre Chardonnay ou Merlot sur une étiquette n’a jamais été un gage de qualité en soi. Il y a des vins de Chardonnay qui sentent l’aubépine grâce à des levures, d’autres qui sentent la vanille par une surconcentration en barriques... et d’autres, heureusement, qui dégagent des nuances aromatiques similaires naturellement, grâce à leur sol ou à quelques années de vieillissement, selon les phases d’évolution. En France, on a des terroirs qui s’expriment d’eux-mêmes. Un Chardonnay australien ou languedocien, même s’il est bon, ne jouera jamais dans la catégorie d’un Meursault Perrières ou d’un Puligny La Garenne. Je doute également du bien-fondé des regroupements entre appellations qui risquent surtout de les dépersonnaliser encore plus. Se retrancher pour faire cela derrière la facilité de compréhension d’un consommateur-lambda pour “lisser” les appellations ou mettre en avant un nom de cépage sur l’étiquette me semble être une fuite en avant.

BD : Il faut donc encore plus développer l’effet terroir ?

PDG : Oui, plus que jamais, il faut continuer de communiquer sur les terroirs et d’ailleurs c’est ce que font les vignerons dignes de ce nom et qui nous font confiance. C’est grâce à la richesse et la complexité de nos sous-sols qui existent depuis des siècles que les vins français forcent l’admiration et font envie au monde entier. Il faut porter la bonne parole. J’aime bien la démarche de la campagne de communication des vins de Bourgogne qui explique -je schématise- à un dégustateur anglo-saxon pourquoi le terroir apporte des nuances d’arômes particuliers et spécifiques à un Bourgogne. Elle reflète ce que je fais depuis toujours. Pour faire comprendre notre différence à un consommateur français ou étranger, il faut expliquer que, sur quelques dizaines de mètres, on produit un vin différent d’un autre, à Chinon, à Pouilly-Fumé, en Beaujolais, en Alsace, à Gigondas, à Margaux ou à Vosne-Romanée... C’est notre grande force. Les champenois l’ont aussi bien compris puisqu’ils communiquent souvent sur des origines, des crus, des villages, des clos, alors qu’auparavant on ne parlait que d’assemblages et de vin de fête. Les alsaciens en font autant et beaucoup d’autres aussi, à Bordeaux comme en Languedoc. Tous ont compris qu’il faut se servir de notre hiérarchie exceptionnelle des appellations et des terroirs. Dans tous les vignobles français, on a la chance d’avoir de vrais terroirs historiques et il est donc tout à fait inconcevable qu’on “aseptise” les vins sans se servir de la puissance du territoire. La majorité des vignerons partagent mon opinion. C’est pour cela que nous nous soutenons mutuellement.En France, nous produisons des vins fabuleux, et il faut imposer cela ! Si un marchand de vin vous répond que c‘est trop compliqué, c’est parce qu’il ne veut pas fournir un effort supplémentaire pour expliquer le vin et l’histoire du lieu où il est produit, c’est plus simple et rapide en effet de se servir uniquement de la notoriété qui existe déjà. Mais le vin, cela mérite le respect. Il faut prendre le temps d’expliquer le travail du vigneron, de faire partager son plaisir.

BD : Quelle est notre force ?

PDG : C’est notre diversité. S’il est naturel que l’on fasse aujourd’hui des vins plus souples et moins astringents, il n’est pas nécessaire pour autant de les défigurer ? Il faut avoir confiance en son savoir-faire historique, la complexité géologique des sols, le talent de la majorité des vignerons français qui ont su profiter des progrès technologiques tout en respectant leur vin, sans le dénaturer. Pour expliquer le vin, le comprendre, justifier son prix et faire rêver les consommateurs, il faut tout simplement parler de la richesse et de la diversité de nos sols, de la délimitation stricte de nos terroirs, de leur rareté, de la multitude de nos cépages, des exigences qualitatives, des investissements dans les chais, leur montrer nos clos, les galets, le schiste, l’argile, les coccinelles au milieu des vignes, un viticulteur en train de travailler, parler d’arômes, de plaisir, des choses simples, élémentaires... Je crois aux “niches”, à la multiplication, à la complexité, pas à l’homogénéisation ni à la mondialisation du goût. Je pense que nos vins méritent bien au contraire de susciter justement l’intérêt, des questions, des comparaisons. Vouloir tout simplifier, c’est faire le jeu des vins qui n’ont pas de typicité, pas d’histoires, pas d’us et coutumes. On tuerait nous-même la poule aux œufs d’or. Et puis, faut-il rappeler aussi que, les exceptions confirmant naturellement cette règle, les vins français sont aussi à leur juste prix, car les vins étrangers qui ne sont pas chers sont souvent des vins sans personnalité qui correspondent à une gamme pratiquement inexistante dans les appellations françaises. Même si, bien sûr, il y a d’excellents vins partouts, il y a aussi, dans une gamme de prix de 4 ou 7 euros, il y a pléthore en France de bons vins, dans la Loire, à Bordeaux comme dans la Vallée du Rhône... qui sont à un bien meilleur niveau qualitatif, homogène, dans une gamme de prix équivalente, et, vous l’aurez compris, qui apportent cette plus-value essentielle des terroirs : l’originalité.Les vignerons que nous soutenons ont confiance en eux, en leur spécificité, en leur talent. Ils le disent, ils communiquent là-dessus, et on les aide pour clamer haut et fort de tels atouts. C’est nous qui jouons dans la catégorie des grands, ce sont nos vins que l’on veut copier, pas l’inverse. Chaque chose à sa place, et chacun à la sienne...”

lundi 28 mai 2007

Le point sur nos vignobles

Brigitte Dussert : Faisons un tour d’horizon de la situation des vignobles français. Comment se fait-il que l’on parle relativement peu de l’Alsace ?

Patrick Dussert-Gerber : Peut-être à cause d’un snobisme idiot. C’est regrettable car, si c’est une région qui avait peu de réputation il y a une trentaine d’années, les efforts qualitatifs ont été conséquents et l’on y trouve maintenant des vins remarquables. La force des vignerons alsaciens est d’avoir su créer une gamme très diversifiée et très typée. Du vin le plus sec (attention néanmoins à ne pas trop assouplir les vins, au détriment de l’acidité) aux Sélections de Grains Nobles qui sont devenues les références de grands vins liquoreux et damnent le pion à certains autres grands vins et notamment ceux du bordelais. On peut tirer un coup de chapeau aux Alsaciens qui ont un savoir-faire indéniable et sont des commerçants avec une mentalité dynamique qui restent en contact avec le consommateur.

Brigitte Dussert : Le Beaujolais est un vin souvent décrié, et l’on ne parle souvent que du Beaujolais Nouveau ?

Patrick Dussert-Gerber : Franchement, le Beaujolais Primeur est toujours un vin que je bois avec plaisir chaque année, et c’est une performance de faire autant de bouteilles à une qualité très appréciable et d’en faire parler autant. Le Primeur est un vin de soif, d’amitié, de convivialité, et le monde entier en demande. À côté, il y a des crus remarquables : Juliénas, Moulin à Vent, Chénas… ce sont des vins très typés, on ne confond pas un Brouilly avec un Fleurie ou un Saint-Amour, cela prouve que les terroirs ont une grande importance ici contrairement à ce que peuvent dire les détracteurs de la région. Les vignerons sont également très chaleureux et font tout simplement ce qu’il faut faire, un vin à leur image.

Brigitte Dussert : On parle d’une crise à Bordeaux ?

Patrick Dussert-Gerber : Il n’y a pas de crise profonde pour les vignerons qui produisent leurs vins correctement et le vendent directement, et ceci dans toute les appellations. Si l’on fait un grand Margaux ou un Pauillac racé à 25 ou 30 euros, il les vaut bien. Idem pour une gamme plus abordable, en Graves, dans les Côtes ou en Bordeaux Supérieur, où les progrès sont exceptionnels.

En fait, iI existe deux “crises” actuellement, très différentes, voire opposées, dans beaucoup de vignobles : celle, désastreuse pour ceux qui la subissent, qui touchent les viticulteurs, la plupart étant dépendants aux prix trop bas du tonneau, qui ont du mal à se faire rémunérer correctement. Les causes sont complexes (un certain négoce peu solidaire parfois, une politique de plantation trop importante, des barrières étatiques…). Ils méritent d’être soutenus, et l’on fera ce que nous pouvons pour les aider. C’est une crise sociale.

L’autre crise concerne un bon nombre de vins, à Bordeaux, notamment : trop chers ou trop sensibles à la mode (“vins de garage”), trop endormis sur leurs lauriers, qui n’ont pas pris au sérieux le besoin de communiquer, trop imbus peut-être d’eux-mêmes, alors que le respect des consommateurs (proposer un vrai rapport qualité-prix cohérent) est impératif. Les acheteurs se sont sentis lésés, et cela va permettre peut-être d’assainir le marché. On parle beaucoup trop d’argent, de prix, de bonnes notes glanées chez un “gourou” quelconque, et c’est ce que le consommateur retient, alors que, bien sûr, ceci ne concerne qu’une petite minorité. C’est une crise de confiance.

On revient à la case départ : la typicité, la qualité, des prix sages, un dynamisme commercial de chaque instant, la promotion de sa production, la vente directe aux consommateurs, les références (Guides, médailles)… sont les clés du succès. Il y a des vins exceptionnels à Bordeaux, qui sont chers et qui valent leur prix. Il y en a d’autres qui ne le valent pas, voilà tout. Et, il y a les 95% des vignerons qui pâtissent des derniers cités.

Je persiste à dire que Bordeaux doit avoir confiance dans ses vins, ne pas croire qu’il faut produire un vin qui ressemble à un vin australien, qui va plaire aux chinois, ne pas se laisser influencer par des “gourous”… on ne peut pas faire un vin global, un vin mondial, on risque de faire un vin dépersonnalisé. Il faut qu’un Pomerol sorte de la “crasse de fer”, que le Pauillac ne se confonde pas avec un Pessac-Léognan. Les producteurs qui font des vins typés à des prix relativement sages ne sont pas en crise. On ne peut pas durer dans le monde du vin si l’on ne veut que faire du business. N’importe quel vigneron digne de ce nom, de toute la France, comme un autre artisan ou un artiste, vous le dira : même si l’on doit en vivre, et donc le vendre le mieux possible, on ne peint pas un tableau pour plaire, on n’écrit pas un grand roman ou on ne compose pas une œuvre musicale uniquement pour vendre, mais parce que l’on est inspiré et que l’on a des convictions. Sinon, on n’est qu’un marchand. Le vin, celui que nous défendons, ce n’est pas un produit blanc, rouge ou rosé, c’est bien plus que cela.

Brigitte Dussert : Cette crise de confiance ne se retrouve pas en Bourgogne ?

Patrick Dussert-Gerber : Non, car les Bourguignons ont fait beaucoup d’efforts promotionnels et qualitatifs en revendiquant une typicité. Lorsqu’un consommateur cherche un Pommard par exemple, il trouve (avec notre aide, car il s’agit de frapper à la bonne porte) un vin qui n’est pas surboisé, qui a de la finesse, du fruit. Les Bourguignons sont des commerçants qui sont très liés à leur clientèle, ouvrent leur porte, ne sont pas décalés par rapport au marché. Ils vendent des vins dans des gammes de prix appréciables, ils les vendent bien, et c’est tant mieux.

Brigitte Dussert : En Champagne, on assiste à un fort développement, à quoi est-ce dû ?

Patrick Dussert-Gerber : Dans le temps, il n’y avait que les grandes marques. Aujourd’hui, beaucoup de vignerons vendent en direct des cuvées remarquables, de la plus fine à la plus vineuse, à des prix très abordables, de 15 à 20 euros. C’est l’une des rares régions viticoles qui ne subit aucune crise, cela prouve que les consommateurs sont satisfaits lorsqu’ils ouvrent une bouteille de Champagne. Il y aussi une grande cohésion et une grande solidarité entre les grands seigneurs de la Champagne et les petits vignerons et chacun se respecte, c’est certainement également l’une des clés pour appréhender la région, même, si, on s’en doute, les exceptions confirment la règle.

Brigitte Dussert : On parle peu des vins de Loire, pourquoi ?

Patrick Dussert-Gerber : Il y a peut-être la facilité d’être près de la capitale, et il est vrai que ce sont des vins méconnus et que les consommateurs des autres régions ne pensent pas à les déguster. Il me semble que si un vigneron de Touraine ou de Sancerre va faire goûter son vin à un provençal ou à un bordelais, il devrait séduire aisément une autre clientèle, car ces vins-là, en rouge comme en blanc, sont très plaisants, très fruités, agréables dans leur jeunesse, avec, pour certains (Chinon, Saumur-Champigny…) un beau potentiel de garde, des vins typés : on ne confond pas un Bourgueil et un Sancerre rouge. La force du Val de Loire : des prix très sages et une spécificité exacerbée, et quelques très grands vins (Pouilly-Fumé, Coteaux-du-Layon, Vouvray…).

Brigitte Dussert : En Vallée du Rhône, il existe également une grande disparité de notoriété, qu’en est-il vraiment ?

Patrick Dussert-Gerber : À l’étranger, on parle toujours des Côte Rôtie, Hermitage ou Châteauneuf-du-Pape. Il y a des bouteilles incontestables dans ces appellations, que l’on peut classer dans la plus haute catégorie qualitative. Mais il y a également Gigondas et des appellations Villages comme à Rasteau, à Visan… qui élèvent des vins remarquables et très accessibles, à partir de 7 euros, agrémentée souvent de très belles présentations.

Brigitte Dussert : Le Sud Ouest est une grande région avec beaucoup de diversité, existe-t-il une cohésion ?

Patrick Dussert-Gerber : C’est une région que j’affectionne beaucoup, il me semble que les terroirs sont particulièrement propices aux différents cépages Malbec, Petit Manseng, Tannat, Mauzac… on ne cherche pas à faire des vins à la mode. On apprécie toujours autant les Cahors ou les Madiran traditionnels par exemple, les vins ont un peu évolués, sont moins durs et c’est normal. À mon sens, ce sont des vignobles qui n’ont rien à craindre d’une concurrence internationale parce qu’ils ont une typicité propre et le consommateur apprécie ces vins à des prix très raisonnables.

Brigitte Dussert : Le Languedoc n’a-t-il pas misé sur un phénomène de renouveau et de mode ?

Patrick Dussert-Gerber : Le Languedoc n’est pas l’Eldorado, les territoires sont cernés, les appellations ont fait des efforts, mais les meilleurs terroirs sont occupés. Il manque bien sûr une identité. Certains ont fait des micro-cuvées ou des vins “modernes”. Pourtant, j’apprécie particulièrement (et défends) les vignerons qui élèvent ces vins rouges épicés et charnus (Corbières, Minervois…). Là aussi, il faut mettre en avant la spécificité des sols et les cépages locaux.

Brigitte Dussert : Y-a-t-il eu des changements en Provence ?

Patrick Dussert-Gerber : D’un point de vue climatique, la Provence est comparable au Languedoc, ces deux vignobles ont la chance d’avoir des conditions idéales pour le mûrissement de raisins sains. En-dehors de Bandol, qui a toujours eu une très bonne image, la région a connu une crise de confiance des consommateurs qui associaient le tourisme à des petits vins à déguster sur la plage, notamment les rosés. Il s’agit de savoir frapper à la bonne porte, là comme ailleurs. Pour notre part, nous soutenons depuis bien longtemps de grands vins en Provence, en rouge, en rosé comme en blanc, que ce soit dans les Côtes de Provence, à Bandol ou dans les Coteaux d’Aix… Ceux-là (est-ce un hasard ?) sont liés à des terroirs qui laissent s’exprimer au mieux les cépages traditionnels de la région (Mourvèdre, Grenache, Cinsault, Rolle, Ugni blanc…).

Brigitte Dussert : Vous n’aimez pas noter les vins…

Patrick Dussert-Gerber : Même si c’est le tout-venant, je me suis toujours refusé à “noter” un vin. C’est pour moi une négation de ce “Sang de la Terre et du Ciel” que de le ramener à l’affubler d’une note comme on le ferait pour une dégustation de petits pois. C’est oublier la main de l’homme et la dimension humaine et subjective du vin. Faire cela, c’est comme si on notait un acteur de cinéma ou des peintres contemporains de 1 à 20. Mon respect pour le travail des vignerons ne m’incite pas à agir ainsi. Pour avoir du succès, pour durer, en édition comme en vins, l’image ne suffit pas, il faut du concret, du contenu. Le contenu, c’est par exemple, les Classements. Leur but n’est pas de “comparer” tel ou tel cru, mais plutôt de symboliser des “coups de cœur”. Aucun Classement n’est à comparer avec un autre, et il ne doit pas avoir de rapprochement entre une région ou une autre (voir les régions concernées).

On l’a compris, le prix n’est pas un facteur de qualité, c’est la typicité qui prime. On peut élever un vin formidable à un prix modeste et on peut tout aussi bien expliquer des prix qui semblent exorbitants si le vin le mérite. On peut aussi faire un vin “sans âme ni vertu”, sans intérêt, à 5 ou à 100 euros. Il faut aussi, et nous le faisons, être sensible à tous les vins, aller sur place, dans toute la France, rencontrer, goûter, découvrir, parler, et ne pas se contenter de dégustations mondaines, qui masquent la réalité du terrain. En 26 ans, j’ai eu droit à tout : à la morgue de certains, à la frime de nouveaux venus, aux leçons de morale comme aux jalousies. Mais, je n’ai pas dévié d’un pouce, et respecté cette ligne de conduite qui m’attire vers ceux, les amateurs comme les vignerons, qui sont humbles face à la force de la Nature.

dimanche 13 mai 2007

La qualité des millésimes

COMPRENDRE L'ÉVOLUTION

La seconde chose, le “plus” de la VINTAGE CODE , c'est sa seconde note (celle du haut, en Bordeaux). Pour la première fois au monde, j'ai fait entrer un paramètre primordial : la valeur de la dégustation actuelle de chaque millésime ! Pour les vins, en effet, la qualité du millésime n'est pas suffisante en soi, c'est son DEVENIR, son potentiel qualitatif, dans le temps, qui importe le plus. Il y a toujours un moment où les vins sont bons dans leur cycle de vie, IL N'Y A PAS DE MAUVAIS MILLÉSIMES, IL N'Y A QUE DES MILLÉSIMES “DÉLICATS” ! Chaque année, cette note change, et il s'agira donc de noter, différemment ou non, selon l'évolution des vins, leur réelle valeur du moment.

Prenons des exemples.

À Bordeaux, le millésime 1998 - que j'ai noté 15 en valeur intrinsèque - est un très grand millésime, très classique, encore austère, dans la lignée du 1988. Aujourd'hui, ce millésime est encore bien jeune, et se goûte difficilement. Dans la Vintage Code 2006, j'ai donc noté un 14 sur 20, qui signifie que ce millésime peut vous procurer du plaisir, mais qu'il vaut mieux l'attendre encore un peu. Autre exemple : toujours à Bordeaux, pour les vins rouges encore, le millésime 1997 est un millésime “difficile”. En valeur intrinsèque du millésime, j'ai noté 13 sur 20. Par contre, ce millésime se goûte bien actuellement et permet d'attendre les millésimes plus “fermés” (2000, 1996 ou 1995) et je lui ai donc mis 17 sur 20.

Voilà tout l'intérêt de cette seconde note, celle de la valeur en dégustation actuelle. Grâce à elle, immédiatement, nous pouvons savoir quels sont les millésimes les meilleurs cette année, ceux qu'il faut attendre, ceux qui sont tombés. Pour les amateurs, les consommateurs, comme pour tous les professionnels (propriétaires, acheteurs, restaurateurs, cavistes...), c'est un véritable outil de travail qui permet de mieux choisir un vin, un millésime sans risque de se tromper.

© Patrick DUSSERT-GERBER Tous droits réservés dans le monde entier.

Pour vous la procurer gratuitement, écrivez uniquement à : MILLESIMES 33124 AUROS en adressant une enveloppe timbrée au tarif en vigueur à votre nom

- page 1 de 2